Du défrisage à Afrosylk : histoire d’une Nappy

Big chop, blow out, twist out, pre poo, wash and go, green house effect, inversion method, shrinkage et j’en passe ! Toute Nappy a forcément lu ces mots un jour durant son aventure capillaire.
Mais en 2007, en Martinique, autant vous dire que le mouvement Nappy n’avait pas la même ampleur qu’aujourd’hui ! Pour ma part, on m’aurait demandé qu’est-ce qu’une Nappy ou tous ces mots cités, eh bien j’aurais été incapable de les définir !
Alors, je vais vous raconter comment j’ai fini par connaître ce mouvement tant adulé par certaines femmes noires aujourd’hui !

Tout d’abord, j’ai subi le défrisage dès l’école primaire et au collège je l’ai adopté. Au lycée j’ai commencé à m’en défaire, à me tourner vers des coiffures protectrices (tissages, mèches). Mais, toujours avec l’idée que cela se terminera par un défrisage comme d’habitude puisque qu’il n’y a pas d’autres issues.

J’ai Big chopé plusieurs fois, mais mon premier Big chop, même si je l’appelais « coupe à la garçonne » à l’époque, s’est fait sur un coup de tête. Cela a été un véritable choc pour tout le monde. Oui puisque que les Teeny Weens Afro (Twa) ne faisaient pas partie de notre vocabulaire et des critères de beauté « établis ». Les cheveux courts ne rimaient pas avec féminité, avec normalité. Je me sentais vraiment différente par rapport aux regards des autres, presque comme… une bête de foire !
Malgré cela, je le vivais bien, je n’avais strictement rien à faire de ce que pensaient les autres car j’en avais vraiment assez de défriser mes cheveux. J’avais envie de changer complétement, d’être moi. Je découvrais ma vraie texture de cheveux et c’était juste un pur bonheur. Je me retrouvais face à mes cheveux sans apriori, sans crainte, cela s’est fait d’un naturel indescriptible.
Pourquoi n’ai-je pas eu cette idée plus tôt !

Mes cheveux gagnaient en longueur et la petite afro n’était plus du tout mignonne. Quelle coiffure faire ? Quel accessoire acheter ? J’étais perdue… Je n’avais pas de modèles féminins. Certes, il y avait des actrices, des mannequins de couleurs ravissantes mais pas avec des cheveux naturels. Qui pouvais-je tenter d’imiter ? À qui pouvais-je m’identifier ? Personne…

Je me suis alors rappelée de cette coiffure que j’avais vu je ne sais où. Ce sont des petites couettes ou des pompons que l’ont fait dans toute la tête. C’est devenu ma coiffure de tous les jours !

Quelques mois plus tard, je me retrouve dans une impasse : quoi faire avec mes cheveux avec plus de longueur ? Je ne sais pas.
Pleine de désespoir, je fais des vanilles. Avec mes cheveux toujours trop courts, je trouve ma tête toute plate, et cela manque d’élégance pour sortir… J’ai besoin de volume ! Alors dans une ultime tentative, je défaits mes vanilles (communément appelé Twist out).
Et là, RÉVÉLATION !! Les boucles étaient définies, brillantes, j’ai enfin trouvé LA coiffure qui sublimera mes cheveux.
Effectivement, je recevais des compliments et des questionnements sur ma façon de procéder.

Mes cheveux poussent et gagnent en longueur, même sans une routine capillaire, que toute Nappy suivrait à la lettre pour avoir une chevelure magnifique !
À vrai dire je me contentais d’humidifier parfois mes cheveux ou de privilégier une crème sans me soucier des ingrédients. Je scellais rarement mon hydratation puisque je n’avais aucune info à ce sujet. Heureusement qu’en Martinique il fait bon vivre en plein soleil. Avec le climat tropical, l’humidité ambiante assure en partie l’hydratation des cheveux. D’autant plus que l’eau, légèrement calcaire du robinet ne les agressait pas. Je ne remarquais donc pas de soucis par rapport à leur pousse.

Mais il y a un événement qui a tout remis en cause. Cela a été le déclic pour comprendre la spécificité de mes cheveux et d’en prendre soin.
C’est mon départ de mon île natale pour la métropole.
Là, j’ai vraiment eu peur pour la survie de mes cheveux. J’ai donc commencé à écumer les blogs, à prendre toutes les informations nécessaires sur les différentes méthodes pour bien hydrater et retenir la longueur des cheveux. C’est là qu’en 2013, je découvre l’univers Nappy.

Me voilà à Paris, fraîchement débarquée avec une bonne touffe de cheveux crépus. J’ai été surprise de voir autant de femmes porter des mèches, perruques ou tissages.
Je commence par prendre soin de mes cheveux en faisant attention aux produits utilisés, aux bons gestes à avoir, et à limiter l’utilisation de l’eau du robinet très calcaire.
Je m’amuse à travers des coiffures différentes qui ne laissent pas indifférent. Au travail, les clients ou mes collègues ne comprenaient pas comment je pouvais changer de coiffure et de texture de cheveux régulièrement. Lors de discussions, la phrase qui m’a le plus marquée et qui m’attriste toujours autant c’est : « L’afro te va si bien, mais ça ne m’irait pas du tout ! »

Au fil du temps j’ai pensé que cela serait une bonne idée de créer une page Facebook AfroSylk, non seulement pour prodiguer des astuces et conseils capillaires mais aussi pour inviter les femmes à aimer leurs cheveux et s’accepter telles qu’elles sont. Accompagnée d’une chaîne YouTube pour montrer mes autos coiffures pour toutes occasions !

Pourquoi avoir choisi AfroSylk comme surnom ? C’est vraiment simple : Syl est le début de mon prénom et K est la première lettre de mon nom.
Sylk fait aussi référence à Silk qui est le mot soie en anglais,matière très douce et respectueuse du cheveu crépu.
Et je sais qu’on aimerait toute avoir des cheveux doux comme de la soie ! N’est-ce pas ?